[Article] Dracula l'Immortel

Publié le par Dradradra

 

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De la suite dans les idées

 

 

112 ans se sont écoulés depuis la parution de l’œuvre majeure de Bram Stoker, lorsque la suite des aventures de Dracula voit le jour. Ecrit par Ian Holt et Dacre Stoker, « Dracula l’immortel » se prévaut d’avoir conquis la famille Stoker et d’être, à ce jour, le seul digne héritier du roman de Bram Stoker.


C’est l’arrière-petit-neveu de Bram Stoker qui s’est décidé à dépoussiérer la célèbre histoire du Comte Dracula. Malgré une œuvre atypique dotée d’un fort potentiel, le « Dracula » de Bram, paru en 1897, ne connaît le succès qu’après la mort de son auteur. Dans une interview accordée à Paris Match *  lors de la sortie de son roman, Dacre Stoker tient à rendre à César ce qui lui appartient : « Les Stoker ont perdu tous leurs droits sur « Dracula » en 1931, quand la veuve de Bram, Florence, a perdu son procès contre les studios Universal à cause d’une erreur lors du dépôt du copyright aux Etats-Unis. Depuis lors, « Dracula » a été exploité sans que nous n’ayons notre mot à dire... […] Je voulais rendre hommage à mon ­arrière-arrière-grand-oncle. »

 

Une écriture à quatre mains

C’est avec Ian Holt que Dacre Stoker s’est lancé dans le pari fou d’offrir une nouvelle jeunesse au Comte Dracula. En tant qu’héritier de Bram, Dacre souhaitait donner à la famille Stoker une véritable suite à l’œuvre de son ancêtre et avait pour cela accès à toutes les notes manuscrites de ce dernier, lui permettant ainsi d’écrire une suite que Bram lui-même aurait pu imaginer.
Quant à Ian Holt, passionné de vampires et de films d’épouvante,  il avait de son côté le projet d’écrire une suite à « Dracula » sous forme scénaristique, et c’est la raison pour laquelle il était entré en contact avec la famille Stocker.
Depuis leur rencontre en 2002, Dacre et Ian ne se sont plus quittés. Une fois les deux auteurs réunis, ils ont assemblé leurs connaissances, ainsi que l’envie de prolonger le mythe de Dracula à travers les siècles. Ils ont longuement travaillé à imaginer une nouvelle intrigue d’après les notes de Bram Stoker, afin que la suite de l’œuvre suive les traces de l’original.

 

Un peu de modernité, diantre !

Reprendre une œuvre est une chose, lui donner un second souffle en est une autre.
Dans son interview à Paris Match, Dacre confie : « En écrivant cette suite, j’ai essayé de reprendre les personnages de Bram là où il les avait laissés, en conservant leur ­personnalité. Mais, avec Ian Holt, nous savions que nous devions moderniser l’histoire, car nous ne sommes plus à l’époque victorienne. » Dacre et Ian transposent donc l’histoire vingt-cinq ans plus tard, alors que les héros de l’œuvre originelle se sont séparés et mènent à présent leur vie. Certains, comme Jonathan et Mina, quoique mariés l’un à l’autre et parents d’un jeune Quincey, restent marqués par les événements malgré le temps passé. D’autres, comme le Dr Seward, ne se sont jamais défaits de leur passé, quitte à poursuivre les vampires jusque dans leur sommeil. Quant au comte Dracula, il révèle dans cette suite des secrets incroyables, que nul n’aurait pu un jour soupçonner…


Pour l’amour de l’art ?

Le lecteur est en droit de se poser des questions quant à la finalité de ce roman.  L’amour de l’art et la volonté de préserver un patrimoine culturel et familial ont-ils guidé l’écriture de la suite des aventures de Dracula ?
Une fois le livre terminé, le lecteur reste sur une impression mitigée. Le livre en lui-même est intéressant et apporte une nouvelle dimension aux personnages. La transposition de l’intrigue en 1912 donne lui aussi du mordant à l’histoire, dans laquelle se confondent faits historiques, mythes et paranormal.
Le roman, en tant que suite, est par contre plus décevant. Les fans de Dracula et de Bram Stoker seront déçus de constater que la narration à la manière d’un journal intime a cédé la place à une narration plus traditionnelle, à la troisième personne. Les personnages ont tous gagné en noirceur, à l’exception du comte Dracula qui se révèle être une créature pleine de bonté, prête à payer de sa vie pour sauver celle qu’il aime.
Il s’agit sans conteste d’une histoire intéressante, riche en rebondissements, surfant habilement sur la vague de la « vampiromania », même si au goût de nombreux lecteurs, le lien avec l’œuvre de Bram Stoker s’estompe au fil des pages.
Les dernières lignes du roman laissent entrevoir une potentielle suite aux aventures de Dracula… Pourvu qu’elle ne soit pas cousue de fil rouge…

 

*Interview parue dans Paris Match le 13 octobre 2009, consultable sur http://www.parismatch.com/Culture-Match/Livres/Actu/Sang-pour-sang-Dracula-135628/

 

Publié dans Ma bibiothèque

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